Au sein de Brittany Ferries, Ronald et Sophie ont une double casquette : de mars à novembre ils sont Commissaires de bord sur nos ferries et de novembre à février, ils rejoignent les équipes Ressources Humaines en tant que recruteurs. Zoom sur leurs parcours, leurs rôles et leur vision du recrutement.

Pouvez-vous nous expliquer rapidement votre parcours chez Brittany Ferries ?
R : J’ai débuté en 1991 en tant que Steward Service. J’ai évolué ensuite vers les postes de Chef de rang restauration, Maître d’hôtel restauration, Intendant, Restaurant manager et enfin Commissaire, poste que j’occupe depuis 2013. A côté de mes fonctions à bord, j’ai déjà été impliqué dans plusieurs missions à terre telles que des lancements de navire, mises en place de projets liés à la restauration et au recrutement au sein de la Direction des Ressources Humaines.
S: Je suis rentrée dans la Compagnie en 1992 en tant qu’hôtesse navigante. J’étais étudiante en 2ème année de LEA. En 2001, je suis passée Responsable des ventes, en 2011 Intendante puis en 2014, je suis devenue Commissaire.
Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter cette mission de recruteur ?
R : Ayant participé ponctuellement à de nombreuses sessions de recrutement, j’ai toujours affectionné cette mission qui est en quelque sorte un véritable challenge. C’est pour cette raison que depuis 4 ans, j’accepte volontiers les détachements à terre pour ne faire que du recrutement sur une période donnée.
S : L’humain est déjà au cœur de notre métier à bord : il s’agit donc d’une simple continuité. C’est important de pouvoir apporter mes compétences et ma vision du bord à travers les exigences requises sur le recrutement de nos futurs hôteliers.
Qu’avez-vous appris sur le métier de recruteur que vous ne soupçonniez pas avant ?
Du côté de l’employeur,, le recruteur a un rôle primordial quant au choix des nouveaux collaborateurs, c’est un acteur clé de la réussite de l’entreprise. La qualité des candidats recrutés influe sur le bon fonctionnement des équipes à bord et aussi des résultats de la Compagnie.
Pour le candidat, on se rend compte aussi de l’importance qu’à un CV concis et clair, lisible d’une seule page et adapté à la fonction sur laquelle ils postulent. Ceci pour enclencher une première prise de contact.
Quelles différences constatez-vous entre votre rôle à bord et votre mission à terre ?
Les horaires ne sont déjà pas les mêmes ! On passe d’un rythme 7/7 (7 jours à bord et 7 jours à terre), à un rythme de bureau en 5 jours de travail et 2 jours de repos.
Ensuite, notre mission à terre est focalisée sur un seul but : recruter. A bord, notre rôle est multitâche : humain, technique, exploitation, sécurité, objectifs et performance sont des domaines de compétences qui rythment notre marée.
La polyvalence est vraiment de mise à bord des navires et il est indispensable que les candidats soient bien conscients de cet aspect du métier. La mobilité pour embarquer sur les ports bretons et normands est aussi un point très important.

Quels sont les profils recherchés pour travailler à bord ?
Nous recherchons des candidats qui ont déjà une première expérience en restauration et qui sont polyvalents. Ils doivent être capable de s’intégrer et de travailler en équipe. C’est une force d’être souriant et jovial, pour avoir un bon relationnel avec nos voyageurs. Enfin, il est important que la personne soit exigeante envers elle-même tant au niveau du savoir-faire que du savoir-être.
Selon vous, quelles qualités font la différence entre un bon candidat et un excellent candidat ?
A savoir-faire équivalent, un excellent candidat est celui qui possédera toutes les qualités décrites dans la question précédente, à savoir l’empathie, l’aisance relationnelle et l’envie de bien faire.
L’importance de l’expérience terrain
En tant que navigant, qu’observez-vous immédiatement chez un candidat ?
Très rapidement, sa capacité à s’intégrer et sa faculté à être en adéquation avec notre fonctionnement à bord (tant les compétences professionnelles que l’adaptation à la vie en communauté à bord). Egalement, une apparence soignée nous confortera toujours quant à la capacité du candidat à s’adapter au standing requis auprès des passagers et au bon port de son uniforme.
Avez-vous des critères qui vous font douter de l’adéquation d’un profil avec le travail à bord ?
Plusieurs signaux peuvent nous alerter quant au fait que le candidat soit trop éloigné de nos valeurs, notamment l’amabilité, la sympathie et la curiosité d’esprit qui sont propres à la Compagnie. Nous essayons aussi de percevoir lorsque le candidat a encore un manque de maturité et pourrait alors se retrouver en difficulté en étant éloigné de son domicile et de ses habitudes, pendant 7 jours.
A l’inverse, quels éléments vous rassurent dans votre décision ?
Principalement, de capter un dynamisme et une amabilité chez le candidat. Ainsi, nous sommes alors en mesure de le projeter à bord, sur un poste qui demande de la motivation à satisfaire les passagers.
Quels sont, selon vous, les grands défis du quotidien à bord ?
R : En premier lieu, satisfaire nos voyageurs pour créer une véritable expérience lors de leurs passages à bord. Ensuite, au sein de l’équipe, créer un climat de cohésion et d’échange qui est, à notre sens, fondamental pour atteindre nos objectifs commerciaux.
S : Il faut aussi arriver à conjuguer professionnalisme et réalité du terrain, nous traversons chaque jour la Manche et l’Océan Atlantique, nous sommes donc tributaires des conditions météorologiques.
Qu’est-ce qu’il faut absolument savoir avant de postuler sur un poste embarqué ?
La polyvalence est vraiment de mise à bord des navires et il est indispensable que les candidats soient bien conscients de cet aspect du métier. La mobilité est aussi un point très important, il faut pouvoir embarquer sur nos différents ports français en étant ponctuel. Enfin, la sécurité qui est à bord une partie intégrante de notre travail, spécificité par rapport à un emploi à terre.

Quels conseils donneriez-vous à un candidat pour bien vivre son premier embarquement ?
Tout d’abord, embarquer en pleine forme, suivre et se laisser guider par le process d’intégration. Ensuite, ne pas hésiter à poser des questions, à démontrer de la curiosité pour découvrir et appréhender un nouveau milieu, celui du secteur maritime.
Comment voyez-vous l’évolution des métiers hôteliers dans les prochaines années ?
Nous recrutons de plus en plus de candidats qui n’ont pas forcément les formations requises aux postes proposés, en quelques sortes nous recrutons des autodidactes, pour certains passionnés mais qui pour autant n’ont pas acquis certains fondamentaux des métiers (hygiène en cuisine, la connaissance des vins pour les serveurs, etc…). Nous, managers à bord, aurons donc comme challenge d’accompagner et de former les nouveaux recrutés sur les différents métiers du bord. La pédagogie et la formation vont être vraiment d’actualité sur les années à venir.
Aussi, il est fondamental de continuer à présenter nos métiers dans les écoles hôtelières et donner envie aux jeunes « talents » hôteliers à postuler chez nous et évoluer dans les postes puisque les perspectives d’évolution sont une véritable opportunité. Aussi il nous semble important d’être présent dans les forums de l’emploi, salons des métiers, etc… dans « le grand Ouest » afin de présenter nos opportunités d’embauche et notre fonctionnement (ex. 7/7 en restauration) qui reste un véritable avantage.


